LE COUVENT DE L’ORDRE DU CHRIST À TOMAR

Dans la charmante ville de Tomar, qui est située dans le centre du Portugal, il y a un château qui se dresse au sommet d’une colline. Il a été fondé en 1160 par Gualdim Pais, grand maître des Templiers, et il appartenait à l’Ordre du Temple.

À l’intérieur de ses épaisses murailles, on trouve un chef-d’œuvre architectural qui a été classé patrimoine mondial par l’Unesco en 1983 en raison de sa grande valeur universelle : le Couvent du Christ.


Conçu à l’origine pour célébrer la Reconquête, le couvent des Templiers de Tomar est devenu en 1344 le siège de l’ordre des Chevaliers du Christ.
Le Couvent du Christ est un hommage au savoir architectural de l’Ordre. Son église octogonale serait inspirée du lieu saint musulman du Dôme du Rocher à Jérusalem, où se situait le Temple de Jérusalem détruit en 70 avant JC. L’Ordre y a intégré des caractéristiques du lieu saint dans son iconographie et son architecture, y compris le sceau des Grands Maîtres.

Sensé servir à l’origine de forteresse, le monument s’est transformé et s’est agrandit avec le temps, au fur et à mesure de l’expansion maritime portugaise, en une œuvre à laquelle chaque roi ou chaque prince, grands-maîtres de l’Ordre, a donné sa contribution, sous forme de bâtiment, de cloître, de cour, de décoration ou de sculpture. Plusieurs styles s’y marient à merveille (roman, gothique, manuélin, renaissance) et font de cet havre de paix et de recueillement un lieu unique, hors du temps, chargé d’histoire et de mystères.

LISBONNE, LA PLACE DU ROSSIO

La place (praça) Dom Pedro IV, aussi appelée Place du Rossio, est le cœur de Lisbonne. Au Moyen Age, c’est ici que se déroulaient fêtes et autodafés. C’est ici aussi que le 25 avril 1974, un fleuriste aurait offert un bouquet d’œillets à un soldat insurgé contre la dictature salazariste, et que la révolution des Œillets aurait commencé.

La Place du Rossio, qui est probablement l’une des plus grandes places de Lisbonne, a été reconstruite par le Marquis de Plombal, après avoir été détruite par le tremblement de terre de 1755. Elle abrite aujourd’hui le Théâtre national ainsi que de beaux cafés à terrasse. Son sol est recouvert à la portugaise avec de petits pavés noirs et blancs dont la disposition géométrique produit un effet ondulant des plus remarquables.

La place est composée de deux fontaines baroques allégoriques, ainsi que d’une statue centrale, celle du roi D. Pedro IV (le premier Roi du Brésil) qui est supportée par un piédestal avec quatre représentations : la justice, la sagesse, la force et la modération.
L’une des deux magnifiques fontaines (la plus proche de la rue Augusta) a été réalisée à Paris par les artistes français Mathurin Moreau et Michel Lienard. Elles représentent des personnages mythiques et donnent à la Place du Rossio un charme fou.

LISBONNE – LA RUE AUGUSTA

Avec ses façades colorées et ses pavés à la portugaise richement décorés, la Rua Augusta est l’une des plus belles rues de Lisbonne. Elle relie la place du commerce au Rossio. Devenue piétonne depuis la fin des années 80, elle est bordée de boutiques, la plupart de grandes marques internationales et est fréquemment occupée par des artistes de rue, des artisans et des vendeurs ambulants.
Elle est nommée ainsi en hommage à l’auguste statue du roi Joseph Ier de Portugal.

Depuis le sommet de l’Arc Triomphal, vous avez une vue sur Lisbonne à 360º, sur le centre-ville et le Tage. Cet élégant monument symbolise la ville qui renaît. Il affirme en latin « les vertus des plus grands », soit la force, la résilience et les conquêtes du peuple portugais. Les sculptures sont l’œuvre de Célestin Anatole Calmels : la Gloire sacre le Génie et la Valeur.

Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre de magnitude 8,75 ravage Lisbonne, provoquant incendies, raz-de-marée, scènes de paniques. On compte 15 000 morts et 85 % des habitations détruites, dont le palais royal, avec la bibliothèque et ses archives.
Le Marquis de Pombal, qui vient d’acquérir le titre de Premier ministre du royaume, prend les choses en main. Il fait reconstruire la ville basse (a Baixa) telle que nous la connaissons aujourd’hui. Pour cela, il fait appel à des architectes portugais avec lesquels il va chercher à appliquer les principes des Lumières : souci de simplicité, de cohérence et d’efficacité animent ce projet. Les activités sont regroupées par quartier. Pour se protéger des incendies, on privilégie l’azulejo qui connaît son grand essor.

Il est intéressant de noter que toutes les rues parallèles à Rua Augusta doivent leurs noms aux magasins et aux ateliers, qui existent jusqu’à aujourd’hui. Par exemple la rue des cordonniers s’appelle « Rua dos Sapateiros », la rue où on trouve les bijouteries est nommé « Rua d’Ouro » (rue d’Or), et les banquiers travaillent à « Rua do Comércio »

BATALHA, UN CHEF-D’OEUVRE INACHEVÉ

Le Monastère Notre Dame de la Victoire, à Batalha, est l’un des monuments les plus remarquables de la Péninsule ibérique, de par sa beauté et sa richesse architecturale mais aussi en raison de sa signification historique. Il a été classé patrimoine mondial par l’Unesco en 1983. Sa construction a été ordonnée par le Roi Jean Ier (Dom João I) au lendemain de sa victoire sur les Castillans, remportée aux côtés de son fidèle connétable Nuno Alvares Pereira, lors de la célèbre bataille d’Aljubarrota, le 14 août 1385. Cette victoire mit un terme à une crise dynastique qui subsistait depuis 1383, après la mort du roi Dom Fernando, dont la fille unique était mariée au roi de Castille, prétendant au trône du Portugal.
© Luis Coixao
Ce chef-d’oeuvre inachevé a été pendant près de deux siècles le chantier de la monarchie portugaise. On y retrouve les traits les plus caractéristiques d’un art national et aussi plusieurs styles architecturaux, du gothique flamboyant au Manuélin, ce style architectural typiquement portugais, qui est richement décoré d’éléments marins. Le cloître royal en est un parfait exemple.
© Luis Coixao
Ce lieu, qui porte une forte charge symbolique pour le peuple portugais, abrite les tombeaux de Rois Portugais ainsi que les deux tombes des soldats inconnus portugais. C’est en effet ici que sont inhumés le roi Dom João I (Jean Ier de Portugal) et son épouse, la reine Filipa de Lencastre, ainsi que leurs enfants, ceux que l’on nomme la « merveilleuse génération », celle des souverains et des princes, comme Henri le Navigateur, qui ont vécu au début de l’apogée du Portugal, et qui sont à l’origine des Grandes Découvertes.
Au cours de ce long chantier qui a connu sept rois, les architectes et les styles se sont succédés. C’est Afonso Domingues, un spécialiste du gothique rayonnant, qui a débuté l’édification de ce monument en 1386, et qui a construit les deux premières galeries du cloître Royal.

Le français (ou catalan) Maître David Huguet, qui a pris la suite de 1402 à 1438, a lui introduit dans le pays le Gothique Flamboyant et a érigé la chapelle du fondateur. Diogo de Boitaca (mort en 1529), est le maître d’œuvre des magnifiques piliers inachevés de style Manuélin. En 1509, Mateus Fernandes a transformé le portail, haut de 15 mètres, du gothique original en un chef d’œuvre de l’Art Manuélin, et ce pendant le règne du roi Dom Manuel Ier, qui correspond à l’apogée de l’Empire Portugais. Enfin, João de Castilho, est l’architecte au style hybride de la loggia construite sous Jean III (1521-1557).

Les chapelles inachevées (ou Imparfaites), dont la construction a duré plus d’un siècle, sont composées de sept chapelles construites autour d’une forme octogonale. Elles étaient destinées à devenir la dernière demeure des rois portugais mais, en définitive, elles n’accueilleront que les tombeaux de Dom Duarte (Edouard) et de sa femme, la reine Dona Leonor de Aragão. L’ouvrage est l’un des exemples les plus marquants de l’Art Manuélin, et constitue le summum de l’architecture portugaise du Moyen Âge, puis de la Renaissance.
© Luis Coixao
A la mort de Dom Duarte, en 1438, il ne manquait plus que la grande voûte centrale pour que le gros œuvre soit achevé. Mais, pour des raisons inconnues, ces chapelles magnifiques resteront inachevées et auront pour seul toit, la voûte céleste.

LISBONNE – LE PONT DU 25 AVRIL

Il n’aura fallu que quatre ans à la société américaine American Bridge, en collaboration avec des entreprises portugaises, pour construire ce pont suspendu en acier rouge au-dessus du Tage, si caractéristique de Lisbonne.
Inauguré le 6 août 1966, le pont est nommé pont Salazar, en référence à António de Oliveira Salazar, l’initiateur de ce projet titanesque. Lors de la révolution des oeillets, le 25 avril 1974, alors que les militaires ont mis en place avec succès et avec le soutien du peuple un coup d’état pour mettre fin à la dictature, il a été décidé de renommer le pont « ponte 25 de abril » en hommage à cette victoire.
C’est un pont routier et ferroviaire, le chemin de fer passant au 1er niveau, sous la voie autoroutière.
Le choix de la société américaine n’est pas dû au hasard. Cette zone bien connue de séismes potentiels n’a pas échappé à la vigilance des constructeurs qui ont pris en compte cette donnée fondamentale lors de la mise en place du chantier.
Les plans du pont du 25-Avril sont ainsi inspirés du Bay Bridge, entre San Francisco et Oakland en Californie mais également de ceux du Golden Gate Bridge de San Francisco.
À son inauguration, le pont était le plus long pont suspendu et celui ayant la plus longue travée principale d’Europe continentale.
Le pont est aujourd’hui l’un des emblèmes les plus représentatifs de Lisbonne, avec le tramway, et le Cristo Rei, qui est situé dans la municipalité d’Almada, et qui surplombe le pont du 25 Avril, face à la capitale portugaise.


LE BON JÉSUS DE BRAGA

Le Sanctuaire du bon Jésus du Mont est le site religieux et touristique le plus emblématique de Braga. C’est à la place d’une petite chapelle en ruines dédiée à la Sainte Croix, située à Tenões, l’une des 62 paroisses de la ville, qu’a été construit ce chef-d’œuvre architectural. Un escalier monumental, qui compose la Voie Sacrée, permet de monter en zig-zag jusqu’à la Basilique, à travers le Parc du Bon Jésus. Cet escalier majestueux de plus de 600 marches présente un dénivelé de 116 mètres et est divisée en trois parties.
La pièce maîtresse est « l’Escalier des Cinq Sens », avec ses fontaines figuratives qui constituent des arrêts obligés pour les pèlerins et les touristes.
La basilique a été conçue par l’architecte Carlos Amarante à la demande de l’archevêque Dom Gaspard de Bragance. Les travaux ont duré 37 ans, ils ont débuté le 1er juin 1784 et ont été achevés en 1811.
Au-delà de l’aspect religeux, de nombreux artistes de Braga ont travaillé ardemment sur plusieurs siècles et à travers plusieurs styles, du baroque au néoclassique, pour faire de cet endroit un parcours artistique, esthétique et d’une très grande spiritualité.
Le Bon Jésus a inspiré de nombreux bâtiments du même style comme le Sanctuaire du Bon Jésus de Matosinhos à Congonhas, au Brésil ou le sanctuaire Notre Dame des Remèdes à Lamego, au Portugal.

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LA TOUR DE BELÉM

L’histoire raconte que c’est le roi D. Manuel I qui a ordonné la construction de la Tour de Belém entre 1514 et 1519. Elle fut construite sur les bords du Tage pour garder l’entrée du port de Lisbonne. Situé dans le quartier de Belém, ce bastion aux allures de proue de navire était situé au milieu du fleuve. Au cours des siècles et notamment après le tremblement de terre de 1755, le Tage s’est ensablé et la tour est devenue partie intégrante du rivage.
Conçu par l’architecte et sculpteur portugais Francisco Arruda, ce monument est constitué par une tour quadrangulaire orientée vers le Taje, avec des façades extérieures aux influences arabes et vénitiennes, qui contrastent avec un intérieur beaucoup plus austère. On retrouve dans ce joyau manuélin tous les éléments de décoration qui évoquent la mer, les templiers, les grandes découvertes et l’exotisme, avec notamment la représentation d’un rhinocéros.
En 1983, ce symbole portugais a été inscrit par l’Unesco au Patrimoine Culturel Mondial de l’Humanité.

LE CENTRE DU PORTUGAL, UN HÉRITAGE CULTUREL INSCRIT AU PATRIMOINE MONDIAL PAR L’UNESCO

Cette vidéo postée sur YouTube par le blogger Nelson Carvalheiro est consacrée au Centre du Portugal. Comme en témoignent les images époustouflantes de ce film, c’est une région très diversifiée et d’une très grande richesse culturelle. Ses plages sont superbes, ses montagnes sont éblouissantes, sa gastronomie fait partie des meilleures, ses vins sont excellents et ses habitants sont gentils et accueillants.

5 sites sont classés au patrimoine mondial par l’Unesco :

– Le Couvent du Christ à Tomar
– Le Monastère de Batalha
– Les gravures rupestres de la Vallée du Côa
– L’Université de Coimbra
– Le Monastère d’Alcobaça

LES TOMBEAUX DE VASCO DA GAMA ET DE LUIS DE CAMOES

A Lisbonne, le Monastère des Hiéronymites (Jerónimos) est l’un des joyaux de l’art manuélin. Entamé en 1504 sous le règne de Manuel Ier, il s’identifie totalement avec la période de gloire du Portugal, celle d’un empire maritime puissant fondé sur les premières grandes découvertes modernes. C’est d’ailleurs l’or rapporté qui permit de financer sa construction.
Lisbonne possède plusieurs lieux pouvant faire office de Panthéon, et ce monastère sert tout d’abord de panthéon royal pour les quatre derniers souverains de la dynastie des Aviz, dont Manuel Ier (1469-1521), le grand roi des Portugais dont le règne coïncida avec les grandes découvertes de Vasco de Gama et de Cabral, où les routes commerciales furent mises en place et durant lequel le Portugal devint l’un des plus riches états européens.

A l’entrée de la nef de l’église, deux magnifiques tombeaux se font face. Ce sont ceux de deux personnalités qui marquèrent l’apogée du Portugal. Ils sont sculptés de cordages, de sphères armillaires et d’autres emblèmes marins, si caractéristiques du style manuélin.

Vasco de GAMA (ca1469-1524), célèbre navigateur et explorateur portugais qui découvrit la route des Indes et le cap de Bonne-Espérance, et fonda le comptoir de Mozambique qui devait apporter la fortune aux Portugais. Mort dans sa « vice-royauté des Indes », son corps fut rapporté en 1536. Véritable héros de la nation, il est représenté sous la forme d’un gisant en prière allongé sur un sarcophage très travaillé et armorié.
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Luís de CAMÕES (1524-1580), poète national qui fut l’auteur des Lusiades, poème dans lequel il magnifia les voyages de Vasco de Gama, qui est considéré comme la pièce maîtresse de la littérature portugaise.
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LELLO E IRMÃO, LA PLUS BELLE LIBRAIRIE DU MONDE

La plus belle librairie du monde se trouve au Portugal. Il s’agit de la librairie Lello et Irmão, qui est située dans le centre historique de Porto, au 144 rue das Carmelitas, près da Torre dos Clérigos, un clocher d’art baroque, construit par Nicolau Nasoni. En raison de sa valeur historique et artistique, la librairie a été reconnue comme une des plus belles du monde par diverses personnalités et entités, comme l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas, le journal britannique The Guardian et l’édition australienne des guides de voyage Lonely Planet.
L’actuel édifice a été construit par l’ingénieur Francisco Xavier Esteves et a été inauguré le 13 janvier 1906, en présence de plusieurs personnalités, dont l’écrivain Guerra Junqueiro.
Sa façade présente des motifs dans un style moderniste et néogothique. Les deux figures situées de part et d’autre de la fenêtre de la façade représentent l’Art et la Science. Elles ont été peintes par José Bielman.
À l’intérieur de la librairie, le plâtre est mis en valeur imitant le bois.
Les piliers sont sculptés en représentant les bustes des écrivains comme Antero de Quental, Eça de Queiroz, Camilo Castelo Branco, Teófilo Braga, Tomás Ribeiro et Guerra Junqueiro.
Les escaliers de la librairie sont aussi renommés. Ils sont à double volée et à double orientation, et ils permettent d’atteindre l’étage supérieur et le grand vitrail du toit sur lequel est écrit « Decus in Labore » (la dignité dans le travail). La librairie Lello a servi de décor pour plusieurs films et elle aurait inspiré J.K Rowling pour son livre intitulé « Harry Potter à l’école des sorciers ». En effet, la romancière a vécu à Porto où elle a travaillé comme professeur d’anglais et elle était une cliente régulière de la librairie.

LE PRINTEMPS CULTUREL PORTUGAIS

LE PRINTEMPS CULTUREL PORTUGAIS est un événement culturel qui met à l’honneur la scène artistique portugaise à Paris au printemps 2016.
Il est organisé conjointement par la Fondation Calouste Gulbenkian, le Jeu de Paume, la Cité de l’Architecture & du Patrimoine, le Grand Palais et le Théâtre de la Ville.

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« JULIÃO SARMENTO. LA CHOSE, MÊME – THE REAL THING »
Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France
20 janvier – 17 avril 2016
www.gulbenkian-paris.org

L’exposition propose au visiteur un panorama de l’œuvre de Julião Sarmento, figure de proue de l’art contemporain portugais dont la carrière fut d’emblée internationale.
Julia Sarmento

« HELENA ALMEIDA. CORPUS »
MUSEE DU JEU DE PAUME
1 PLACE DE LA CONCORDE
75008 PARIS
9 février – 22 mai 2016

Artiste contemporaine portugaise, Helena Almeida (1934, Lisbonne) trouve dans la photographie un moyen de combattre l’extériorité de la peinture. Le point de départ de son œuvre est toujours son corps, comme si elle ne cessait d’affirmer « ma peinture est mon corps, mon corps est ma peinture ».
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« LES UNIVERSALISTES. 50 ANS D’ARCHITECTURE PORTUGAISE »
CITÉ CHAILLOT
1 PLACE DU TROCADÉRO
75016 PARIS
13 avril – 29 août 2016

La fondation Calouste Gulbenkian s’associe à la Cité de l’architecture & du patrimoine pour co-produire une exposition présentant un demi-siècle de la pensée et de la production architecturale au Portugal.
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« AMADEO DE SOUZA CARDOSO (1887–1918) »
GRAND PALAIS
AVENUE WINSTON-CHURCHILL
75008 PARIS
20 avril – 18 juillet 2016

Secret le mieux gardé de la culture portugaise, Amadeo de Souza-Cardoso a vécu et travaillé entre Paris et Manhufe, au Nord du Portugal. Proche d’artistes comme Amedeo Modigliani, Constantin Brancusi, Alexander Archipenko, Juan Gris ou encore Robert et Sonia Delaunay, Amadeo ne se revendique d’aucun mouvement esthétique et refuse toute étiquette.
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« TEATRO PRAGA. PROJET PESSOA »
THÉÂTRE DE LA VILLE
2 PLACE DU CHÂTELET
75004 PARIS
31 mai – 4 juin 2016

/ dans le cadre de Chantiers d’Europe, 7eédition
Les « nouvelles tendances théâtrales » ne sont pas l’apanage des seuls pays d’Europe du Nord. À Lisbonne, voilà déjà 20 ans que les activistes du Teatro Praga sont à la manœuvre. Le Teatro Praga est de retour avec, dans ses bagages, Fernando Pessoa.
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LE TERRIBLE TREMBLEMENT DE TERRE DE LISBONNE DU 1ER NOVEMBRE 1755

Le samedi 1er novembre 1755, la ville de Lisbonne (235.000 habitants) subit un terrible tremblement de terre et plusieurs raz de marée. La capitale du Portugal, qui doit sa splendeur et sa prospérité à un immense empire maritime, est presque entièrement détruite par l’incendie qui en découle et on dénombre environ 60.000 victimes, dont beaucoup meurent suite à l’effondrement des églises où elles assistaient à la messe de la Toussaint.
Le tremblement de terre est tellement puissant qu’il est ressenti physiquement dans toute l’Europe. Il marque tellement les esprits, qu’il aura aussi des répercussions intellectuelles chez les religieux et les philosophes de tout le continent, qui y voient l’occasion de débattre de la miséricorde divine et des mérites de la civilisation urbaine.
Voltaire écrit ainsi un conte brillant, Candide, où il tourne en dérision les espoirs que plaçait le savant Leibniz dans la science et la connaissance comme moyens de faire progresser l’humanité. Il moque tout autant les religieux qui invoquent la soumission à la volonté divine.
Le Premier ministre du Portugal, José de Carvalho e Melo, futur marquis de Pombal, est plus pragmatique. Après avoir lancé une enquête dans tout le pays sur les indices avant-coureurs du séisme (une première), il fait reconstruire les quartiers sinistrés avec des rues à angles droits et des constructions sobres. Sur les bords du Tage, le palais royal, détruit, est remplacé par la monumentale place du Commerce, coeur de la Lisbonne actuelle.

Voltaire écrit également un poème très émouvant à la suite de ce drame :

Poème sur le désastre de Lisbonne
de François-Marie Arouet, dit Voltaire

Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable !
Ô de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douteurs éternel entretien !
Philosophes trompés, qui criez : Tout est bien ;
Accourez, contemplez ces ruines affreuses,
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants, l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans recours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: « C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix» ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes »?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes.

LA CHAUSSÉE À LA PORTUGAISE [A CALÇADA PORTUGUESA] – L’UN DES SYMBOLES CULTURELS DU PORTUGAL

Au même titre que le Fado, les azulejos et le style manuélin, la chaussée à la portugaise (a calçada portuguesa) est l’un des symboles culturels du Portugal. Bien plus que de simples trottoirs, ce sont de véritables œuvres d’art qui sont exécutées par des artistes, les « calceteiros ». Ces pavés si typiques, dont les motifs évoquent souvent l’âge d’or des découvertes portugaises, sont relativement récents puisqu’ils ne datent que du XIXe siècle. C’est l’ingénieur militaire Eusébio Furtado qui a l’idée, plutôt innovante pour l’époque, de poser de petits pavés noirs et blancs, en zigzag, dans la forteresse et autour du château Saint Georges. En 1848, son projet de paver de la même façon la Place du Rossio est approuvé. Au bout de 323 jours, 8712 mètres carrés de petites pierres cubiques sont ainsi posées sur cette élégante place, avec des dessins qui rendent hommage aux Grandes Découvertes Portugaises et à la mer (des vagues, des ancres, des poissons…). C’est un succès retentissant. A tel point que très rapidement cette technique de décoration de la chaussée se propage à d’autres quartiers de la ville de Lisbonne, puis à d’autres villes du pays et de l’ancien empire colonial.
Partout dans le monde, la chaussée a différentes couleurs et dessins géométriques. A l’origine, la matière première était le basalte. Mais comme sa taille était difficile, on a préféré utiliser le calcaire. C’est ainsi que plusieurs exploitations sont apparues aux alentours de Lisbonne. Actuellement, les principaux locaux d’extraction se situent dans la région de Leiria et Santarém, et sur la côte de l’Algarve. Noirs, gris clairs, rose et blancs, les calcaires permettent d’obtenir différentes formes. D’ordinaire d’apparence lisse et brillante, la pierre est plus scintillante les jours de pluie, et parfois glissante. Une caractéristique qui ne plait pas à tout le monde et qui est venue se glisser dans les âpres discussions entre politiques et partenaires sociaux, entre ceux qui veulent changer de technique de pavement et ceux qui défendent que ce patrimoine historique doit être préservé.
Aujourd’hui menacé par la rigueur budgétaire au Portugal, cet art unique se perpétue dans d’autres villes à travers le monde, dont l’histoire a été marquée par la culture portugaise. Du Brésil au Cap-Vert ou du Timor oriental au Canada, où réside une importante communauté portugaise, des chaussées artistiques, conçues selon la technique lisboète, ornent des villes des quatre coins du monde.
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L’ART MANUÉLIN, UN HOMMAGE À LA MER ET AUX GRANDES DÉCOUVERTES PORTUGAISES

A l’époque des Grandes Découvertes portugaises, sous le règne de Manuel Ier le Grand ou Le Fortuné (1495 – 1521), Vasco da Gama découvre la route des Indes (1498), Pedro Alvares Cabral atteint le Brésil (1500), Francisco de Almeida devient le premier vice-roi des Indes, l’amiral Afonso de Albuquerque contrôle les voies commerciales de l’océan indien et du Golfe Persique, et des liaisons diplomatiques et commerciales sont établies avec la Chine et la Perse. Tout cela contribue à la construction de l’Empire colonial portugais qui fait du Portugal un des pays les plus riches et les plus puissants du monde. Manuel attire des artistes et des hommes de sciences à la cour de Lisbonne et profite de la richesse obtenue par le commerce pour construire des édifices royaux dans un style de décoration architecturale qui lui est propre. L’Art Manuélin ainsi nommé se traduit par une abondance de motifs décoratifs marins qui rappellent ce passé glorieux : coquillages, coraux, vagues, poissons, ancres, instruments de navigation et cordages. Il a été développé notamment par l’architecte portugais João de Castilho et l’espagnol Diogo de Arruda.

Le Couvent du Christ à Tomar
La nef de l’église, construite à partir de 1510 à la demande de Manuel I, est ornée de très nombreux motifs de style manuélin, notamment des « cordes » qui rappellent celles utilisées sur les bateaux pendant l’ère des grandes découvertes.
Une fenêtre monumentale, nommée la fenêtre de la Chambre du chapitre (Capítulo), contient elle aussi des motifs typiques du style manuélin : les symboles de l’ordre du Christ et de Manuel I (la sphère armilaire), les cordes, des coraux et des motifs végétaux. Cette fenêtre du couvent constitue un des chefs d’œuvre de la décoration de style manuélin.
Le portail de l’entrée de l’église est décoré de motifs abondants de style manuélin telles que des statues de la Vierge avec l’enfant et des prophètes du vieux testament. Ce portail a été conçu par João de Castilho vers 1530.

Le monastère de Jéronimos à Lisbonne est un chef d’œuvre de l’architecture manuéline. Il fut construit entre 1517 et 1522, à la demande de Manuel Ier, sur le site d’une petite chapelle fondée à l’origine par Henri le Navigateur, maître de l’ordre du Christ. Le cloître, bordé de larges arcades décorées dans un style baroque finissant et renaissance, est un trésor d’architecture.

La Tour de Belém, de Francisco de Arruda, est quant à elle l’emblème de Lisbonne. Elle est l’un des monuments les plus connus du Portugal. Construite en 1515 en pleine mer, sur les bords du Tage, afin d’en défendre l’embouchure, elle est à présent reliée au continent par un banc de sable, suite au tremblement de terre de 1755 qui détourna le fleuve de son cours d’origine.
Ce magnifique monument est le symbole de la mer et des découvertes. La Tour de Belem est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Comme par miracle, le terrible tremblement de terre de 1755 n’a pas ébranlé la Tour ni le monastère des Jéronimos de Belém, deux hymnes à l’art manuélin.

Quelques monuments plus contemporains sont aussi de style manuélin. C’est le cas du Monument des Découvertes. Il a été érigé en 1960, sous le régime de la dictature de SALAZAR, pour la célébration des 500 ans de la mort de l’Infant Henri, le Navigateur. C’est un hommage à l’ère des Découvertes.
On y trouve sculptés quelques unes des grandes figures de l’époque. En proue, un bateau à la main, il y a Henri le Navigateur (1394-1460). Derrière lui, se trouve Alfonso V (1432-1481), mécène des premiers explorateurs. Ensuite viennent Vasco de Gama (1460-1524), Pedro Álvares (1467-1520), découvreur du Brésil et Fernão Magalhães (Magellan), qui traversa le Pacifique en 1520-1521. A noter à droite de l’image, le Padrão érigé par Diogo Cão au Congo en 1482.

Dans le contexte de l’Expo 98 qui eut lieu à Lisbonne, dont le thème était « Les océans, un patrimoine pour le futur », les architectes ont de nouveau rendu hommage à la mer et aux navigateurs, notamment en construisant le gigantesque pont sur le Tage baptisé Vasco da Gama.
A l’occasion de cette exposition mondiale, quinze mille animaux marins, représentant deux cents espèces, ont été transportés dans un gigantesque aquarium, qui est l’Océanorium de Lisbonne. Il est installé sur les rives du Tage, dans le Pavillon des Océans. C’est le plus grand aquarium d’Europe.