Dona Zézinha – La vie peu ordinaire d’une institutrice – un livre d’Altina Ribeiro

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« Dona Zézinha – La vie peu ordinaire d’une institutrice » est le quatrième livre d’Altina Ribeiro. Il a pour toile de fond l’enseignement et l’éducation au Portugal durant la dictature de Salazar. Il évoque les relations difficiles entre Alexandre et sa mère qui fut institutrice durant trente sept ans, de 1937 à 1971. La démographie croissante de l’époque imposa la création de postes supplémentaires dans les hameaux afin d’alléger la charge des écoles dans les grandes communes. Zézinha enseigna dans de nombreux villages entre Guarda et Sabugal, dans la région Centre du Portugal. Au grand dam d’Alexandre, qui suivit sa mère durant ses nombreuses mutations, elle assura quasiment toute sa scolarité primaire durant laquelle il avait pour mission d’être le meilleur !

Zézinha, la mère, et Carlos, le fils, sont les deux personnages centraux de la narration.
L’histoire de déroule de 1907 à nos jours. Elle débute par la rencontre des parents de Zézinha.
Orpheline de père à l’âge de quatre ans, Zézinha vit dans une pension tenue par sa marraine, à Sabugal au nord-est du Portugal.
À 25 ans, elle est nommée institutrice et parcourt villages et hameaux pour exercer son enseignement.
Elle de marie avec un fils de notables et, avec la naissance de son fils Carlos Alexandre, Dona Zézinha aborde une nouvelle étape dans sa vie. Obligée de se déplacer fréquemment d’un village à un autre, suivant ses affectations successives, et peu aidée par un mari souvent absent, elle doit éduquer seule son fils. Son ambition est qu’il soit le meilleur à l’école. Elle le protège à outrance, allant jusqu’à le frapper, le punir et même à l’humilier à la moindre désobéissance.
Après l’école primaire, Zézinha l’envoie au séminaire de Beja, pour qu’il devienne prêtre. Peu motivé, Alexandre est renvoyé deux ans après. Entretemps, son père, Raúl, quitte le Portugal a salto – clandestinement, à l’aide d’un passeur.
Alexandre a 13 ans lorsque sa mère parvient à l’inscrire dans un grand établissement privé de Guarda, un internat tenu d’une main de fer par des religieux.
Malgré son adhésion à l’idéologie du régime, Zézinha ne veut pas que son fils accomplisse le service militaire et qu’il soit expédié en Afrique. Alors, elle décide de l’envoyer en France, rejoindre son père. En juillet 1969, après un passage rocambolesque de la frontière entre le Portugal et l’Espagne, Alexandre arrive à Paris. Mais son père n’est pas au rendez-vous. Il veut alors retourner dans son pays, cependant sa mère fait tout pour l’en dissuader.
Deux histoires sont ici racontées : celle d’une mère qui se bat contre vents et marées pour que son fils ait un avenir à la hauteur de ses espérances ; et celle de milliers d’hommes et de femmes qui, dans les années 1960-70, prennent les chemins de l’émigration pour échapper à la guerre coloniale, à la dictature et à la pauvreté.
Plus que le récit d’une vie, Dona Zézinha c’est aussi l’histoire de toute une génération vivant entre deux rives, entre deux mémoires.
Un livre-témoigne qu’il faut absolument lire pour découvrir le dévouement et les sacrifices d’une mère enseignante ainsi que le parcours atypique de son fils.

BIOGRAPHIE

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Née en 1960 au Nord-Est du Portugal, Altina Ribeiro et sa famille quittent leur pays natal en 1969, alors sous le joug de Salazar, pour rejoindre la France. Entre un petit village loin de tout et une grande ville comme Paris, le choc culturel est énorme et les premières années en France sont difficiles.
Le temps passant, Altina et sa sœur s’habituent à leur nouvelle vie, la trouvant même de plus en plus attractive. Les parents, en revanche, ont beaucoup de difficultés à s’adapter à un pays dans lequel l’éducation ne correspond pas à celle qu’ils ont reçue et qu’ils souhaitent transmettre à leurs deux filles. Il en résulte un conflit de générations inévitable. Altina débute sa scolarité française à l’âge de neuf ans, soit trois années plus tard que ses camarades. Elle trouve son premier emploi dans un cabinet d’avocats en 1979. Après une adolescence difficile marquée par le manque de communication avec sa famille, en 1980, Altina prend la décision de quitter les siens pour vivre sa vie.
En 1992, mariée et mère de famille, elle reprend ses études, d’abord pour se perfectionner dans le domaine du droit, ensuite et surtout pour le plaisir d’apprendre. Elle obtient son diplôme de premier clerc d’avocat en 1995, ce qui lui vaut une promotion et lui ouvre les portes d’un emploi à mi-temps.
Plus de trente ans après son exil, l’envie de raconter son histoire grandit en elle. C’est ainsi que son autobiographie Le fado pour seul bagage est publiée en 2005, adaptée au théâtre et traduit en Portugais sous le titre De São Vicente a Paris.
A la suite de cette parution, une autre déracinée qui a également envie de partager son parcours semé d’embuches, lui confie quelques épisodes de sa vie. C’est ainsi que la biographie Alice au pays de Salazar voit le jour cinq ans plus tard. Altina Ribeiro y soulève un pan de l’épais manteau de la dictature qui opprima le Portugal des années durant en décrivant les épreuves quotidiennes endurées par le peuple portugais, bien souvent contraint à l’exil.
Elle a aussi co-écrit la biographie de Dan Inger, intitulée Trois notes de blues pour un fado, éditée en mars 2016. Dans cet ouvrage, le musicien lui confie son parcours personnel et professionnel, ses moments de doutes, mais aussi de très belles rencontres musicales.
Conviée régulièrement à participer à divers débats, notamment à la Sorbonne et à l’Institut Camões à Paris, ainsi qu’à à de nombreux salons du livre et forums culturels, en France comme à l’étranger, ses rencontres avec les lecteurs sont tout aussi régulièrement relatées dans la presse. Elle fut notamment l’invitée de l’émission « Venus d’Ailleurs » sur France Inter, les 29 et 30 mars 2012.

PRÉSENTATION DU LIVRE AU CONSULAT DU PORTUGAL

Le livre sera présenté au Consulat du Portugal à Paris, le jeudi 30 mars à 18H30, par Dominique Stonesco, qui en a écrit la préface.
La présentation sera suivie d’un showcase du chanteur Dan Inger et d’une séance de dédicaces.
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