Il était une fois un gamin surdoué qui laissa sa famille et son île natale pour aller apprendre son futur métier sur le continent. Cristiano Ronaldo Dos Santos Aveiro est né le 5 février 1985 à Funchal, sur l’île de Madère. Son prénom est un hommage à Ronald Reagan, alors président des Etats-Unis. Un prénom qui est de nos jours synonyme de meilleur joueur au monde.
Le petit portugais grandit tranquillement à Santo Antonio, un quartier populaire de la capitale de l’archipel. Très tôt, son entourage décèle chez le jeune garçon des prédispositions hors du commun pour le football. Son premier club est le FC Andorinha, où travaille son père José comme intendant. Après un passage au Maritimo Funchal, il passe par le Nacional Madère, l’autre grand club de l’archipel. Ses capacités physiques et techniques extraordinaires attirent l’attention des grands clubs portugais. Finalement, c’est le Sporting qui le recrute et qui le fait venir à  Lisbonne à l’âge de onze ans, intégrant ainsi le célèbre centre de formation d’Alcochete.
Parallèlement à  une progression sportive fulgurante au sein de cette académie du football, le jeune garçon connaît un parcours scolaire plutôt difficile. Privé de l’affection des siens, le gamin ne supporte plus sa vie solitaire à  l’école du football. Il manifeste des troubles du comportement : il est dissipé, impulsif et colérique. Un jour, excédé, il lance une chaise sur sa professeur parce qu’elle se moque de son accent de Madère. C’en est que trop. Les dirigeants du Sporting convoquent les parents du jeune joueur et sont prêts à le renvoyer s’il ne change pas. Avec l’accord de son mari, Maria Dolores quitte alors son emploi de cuisinière et s’installe avec son fils. « Sans elle, il ne serait jamais devenu le footballeur qu’il est devenu » affirme José. Tout rentre dans l’ordre. Le destin du prodige portugais est scellé.
Lorsqu’il a 16 ans, l’entraîneur roumain du Sporting, Laszlo Boloni, propose à Cristiano d’intégrer l’équipe professionnelle, mais des tests de motricité l’en empêchent. Il ne débutera que 2 ans plus tard avec les professionnels contre le Sporting Braga, le 29 septembre 2002. Ses dribbles déroutants, sa force de pénétration, sa puissance hors du commun, sa vivacité exceptionnelle, son habileté des deux pieds, font dire à  son entraîneur que « le bon dieu lui a tout donné. S’il sait rester modeste comme Figo , il peut devenir le plus grand joueur portugais de tous les temps. » C’est un joueur polyvalent, capable d’occuper tous les postes du milieu de terrain. Des qualités qui n’échappent pas à  Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur brésilien du Portugal, qui l’appelle pour un match contre le Kazakhstan, en aoà»t 2003. Il a 18 ans.
Le 6 août 2003, Manchester United dispute un match amical face au Sporting, à  l’occasion de l’inauguration du stade Alvalade. L’équipe anglaise subit une défaite sans appel 1-3 et on ne retient du match qu’un nom : Cristiano Ronaldo. Le jeune portugais a sorti le grand jeu et sa prestation exceptionnelle est dans toutes les bouches. « Dans les vestiaires puis dans l’avion du retour, mes joueurs m’ont supplié de le faire venir », rapporte Sir Alex Ferguson, le manager de Manchester United. Ils l’avaient déjà  adopté ! » En fait, on apprend que le manager du club anglais le suit depuis 4 ans déjà  et que les deux clubs s’étaient mis d’accord pour un transfert en juillet 2004. L’opération est simplement avancée d’un an. Le montant du transfert est fixé à  17.5 millions d’euros. Une somme record en Angleterre pour un adolescent.
A 18 ans, le prodige change de dimension. Son salaire est multiplié par 150 (passant de 1500 à  200 000 euros par mois). Sur le terrain, le jeune joueur est confronté à  la rudesse physique du football anglais. Parce qu’il se retrouve souvent à  terre, la cruelle presse anglaise le compare à  un poney de cirque. Les débuts sont difficiles. C’est qu’il a une lourde tâche à  porter : succéder à  l’emblématique David Beckham, parti au Real Madrid. Heureusement, ses équipiers l’épaulent. L’ex nantais, Eric Djemba-Djemba le prend sous son aile et Ruud Van Nistelrooy lui prodigue de précieux conseils. Le jeune portugais continue son apprentissage. Match après match, il fait preuve de courage et d’abnégation et ses efforts commencent à  porter leurs fruits. Le personnage prend du volume, muscle son jeu et grandit au gré des bons résultats de l’équipe, l’une des meilleures du moment. Après un an passé en Angleterre, le lusitanien termine la saison en remportant la Cup, lors de laquelle il livre un grand match. Il est encensé par la presse britannique qui salue en lui un des grands espoirs du football européen.
Et puis arrive l’été et l’Euro 2004, qui a lieu au Portugal. La selecção a un milieu de terrain déjà  bien fourni (Figo, Rui Costa, Deco, Simão). Lors du match inaugural Portugal-Grèce, le madérien entre en deuxième période afin de dynamiser une équipe lusitanienne impuissante face à  une machine de guerre grecque qui a pris l’avantage. Il s’active sur toute la surface du terrain. Venant même jusqu’à  défendre dans sa surface, et est malheureusement à  l’origine du penalty concédé par le Portugal. Le match se termine par un but de la tête de Ronaldo et sur une défaite de l’équipe portugaise qui aura de lourdes conséquences sur la suite du tournoi. Lors du deuxième match, Cristiano Ronaldo fait partie du onze portugais d’entrée de jeu. Il n’en bougera plus. Le Portugal perd l’Euro en finale contre la Grèce mais gagne un grand joueur en devenir, qui aura marqué la compétition par sa polyvalence, sa rapidité, son adresse, sa classe naturelle et son sens du spectacle.
Un aspect de ce merveilleux sport qu’est le football qui permet au jeune portugais de rassembler derrière lui des enfants et des adultes, des hommes et des femmes, soit un nombre grandissant de fans qui applaudissent ses moindres faits et gestes. Après une bonne deuxième saison passée à  Manchester United, et une phase qualificative pour la coupe du monde 2006 en Allemagne très active et très productive, le lusitanien a encore grandit, en volume de jeu et en caractère. Il s’est assagit et il s’est mis au service du collectif. Du moins il fait des efforts dans ce sens. Il s’est aussi rendu indispensable. Lorsque son équipe patine, le portugais sait donner le coup de rein nécessaire pour la faire avancer. Au cours d’un match il se fait parfois oublier mais c’est pour mieux ressurgir par un ou plusieurs éclats de génie et à  l’aide de l’une de ses innombrables armes (avec la tête, les deux pieds, sur coup franc. Un jeu qui s’étoffe avec le temps et qui ne cesse de se développer.
Dans l’univers du football portugais, après les années 60 avec Eusébio, les années 90 avec Figo, les années 2000 ont vu naître une nouvelle étoile : Cristiano Ronaldo. Puisse-t-elle briller le plus haut et le plus longtemps possible.