Dans les années soixante, les Portugais émigrent en masse vers la France et l’Europe pour fuir la pauvreté et la répression régnant dans leur pays devenu fasciste. Après un long et pénible voyage en train qui les conduit en gare d’Hendaye, ils arrivent harassés et doivent encore attendre de longues heures la correspondance vers Paris et l’obtention des papiers administratifs.
Ce livre publié aux éditions atlantica, intitulé « Sala de espera » (salle d’attente), est la rencontre du photographe Gabriel Martinez et de ces hommes, femmes et enfants, éreintés et pleins de courage à l’aube de leur nouvelle vie.
C’est un bouleversant témoignage photographique composé d’une cinquantaine de clichés pris à la fin des années soixante des immigrés portugais à la gare d’Hendaye, et jusqu’alors jamais présentés. Le musée d’Aquitaine a souhaité rendre hommage au travail de ce remarquable photographe en consacrant une salle entière à son œuvre dans l’exposition « Humain, très humain ».
Il les avait tirés puis oubliés, ces clichés qui pourtant n’ont jamais quitté sa pensée… « En ce temps-là, raconte-t-il, au Portugal, le dictateur Salazar faisait régner la terreur. Le pays à feu et à sang avait bien du mal à survivre. Alors les plus aventuriers fuyaient à l’étranger. Dans cette fuite, certains d’entre eux transitaient, des heures durant, en gare d’Hendaye. Ce fut ma rencontre avec eux, le choc de la découverte d’une misère si proche, si lointaine. Il émanait de ces êtres une grande dignité, de la timidité, de la pudeur […] Ils étaient pathétiques, vêtus de leurs plus beaux habits du dimanche et pour seul viatique, quelques cartons et vieilles valises. On les devinait curieux, pleins d’espoir, jamais ils n’étaient sortis de leur ville, de leur village, voir de leur ferme, ils allaient vers l’inconnu. Vers l’Eldorado peut-être ? », se souvient Gabriel Martinez.

Présentation : Christian Caujolle/Préface : Manuel Dias Vaz/Question-réponse : Isabelle Darrigrand/Gabriel Martinez Images accompagnées par les textes du poète Fernando Pessoa Présentation : Christian Caujolle Préface : Manuel Dias Vaz

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