ei-los que partem
La chaîne portugaise RTP a consacré une série de cinq documentaires à l’émigration portugaise qui s’intitule « Ei-Los Que Partem, » A História da Emigração Portuguesa, « Ceux qui partent » Histoire de l’émigration portugaise. Le 4ème épisode, A Sangria da Pátria, La Saignée de la Patrie, parle de l’émigration massive dans les années 60. On y apprend que plus d’un million et demi de Portugais ont « abandonné » leur pays entre 1960 et 1974, principalement à destination de la France. Entre le Portugal de la dictature, politiquement fermé, rural, au ralenti du point de vue économique, peu créateur d’emplois, et la France, qui est en pleine expansion économique et qui manque de bras, le choix s’est imposé par lui-même. Le programme aborde la situation sociale, politique et économique de cette période et retrace le parcours de ces hommes et de ces femmes que le journal Le Monde a appelés « les soutiers de l’Europe », qui triment dur, discrètement, de façon presque invisible, dans des conditions difficiles, et qui font pourtant avancer le navire. Dans cet épisode, on entend les témoignages de personnes qui ont fait le saut entre ces deux mondes, et qui racontent leur émigration clandestine, la vie dans les bidonvilles et leurs conditions de travail, souvent très difficiles. On y entend également des historiens, des chercheurs et des sociologues donner leur avis sur la question de l’immigration. Comme le professeur Eduardo Lourenço, qui parle de «la véritable épopée des Portugais » pour décrire cette partie importante de l’Histoire du Portugal. Victor Pereira, qui a préparé une thèse de doctorat sur l’émigration et l’Estado Novo, nous explique quels étaient les rapports ambigus qui existaient entre le régime dictatorial de Salazar et les gouvernements européens très demandeurs en matière de main d’oeuvre peu qualifiée. On y entend également les analyses d’Albano Cordeiro, le coordonateur du Département de Sociologie de l’Immigration à la Sorbonne, et de Marie-Christine Volovitch-Tavares, historienne et coordonatrice du Musée de l’Immigration à Paris. A travers ces nombreux témoignages et des images d’archives, la télévision portugaise a diffusé pour la première fois sur le petit écran un programme qui apporte un regard neuf et différent sur une réalité incontournable de l’histoire portugaise qui a profondément marqué l’imaginaire collectif de tout un peuple.