Le philosophe portugais José Gil a publié en 2004 un essai qui a fait pas mal de bruit au Portugal  : Portugal Hoje – O Medo de Existir, (Le Portugal aujourd’hui, la peur d’exister). Dans cette oeuvre, José Gil s’interroge sur les Portugais, « qui ne se « consciencialisent » pas, qui se contentent de la situation actuelle, qui pensent petit, vivent petitement, s’obligent et se réconfortent avec la petitesse de la vie et s’accrochent à des petits plaisirs et à des petits amours, ont des petites idées et des pensées étriquées”.
Dans son livre, José Gil incite les Portugais à affronter la véritable réalité, qui exige une certaine inconformité pour pouvoir transformer notre pays en un ensemble de cités intelligentes, dotées de culture, d’idées et de pensées propres, libres et indépendantes, capables de nous faire grandir.
Selon le philosophe, l’espace publique a cessé d’exister. Il n’y a plus de discussion publique, les Portugais n’ont pas de participation active, indépendante et libre.
C’est sans doute une oeuvre contemporaine marquante pour nous, Portugais, que ce « Portugal Hoje ». Peut-être parce qu’elle reflète la condition d’être portugais, si souvent chantée depuis Luis de Camões, ou parce qu’on voudrait y trouver les réponses à ce Portugal en perpétuelle voie d’accomplissement, comme le dit Pessoa. Le philosophe y décrit avec simplicité des traits de caractère qui entravent développement de notre pays, son ouverture vers l’extérieur et, surtout, sa dynamique interne, c’est-à-dire un mouvement profond au-delà du niveau sociologique, qui fait bouger les gens et qui les ouvre à toutes sortes de recherches, d’inventions, d’expériences dans les différentes dimensions de la vie. Un livre qui montre que la pensée créative et les concepts eux-mêmes peuvent être exprimés dans un langage simple. 
Dans un numéro spécial du Nouvel Observateur de décembre 2004, José Gil avait été considéré comme l’un des 25 « grands penseurs » de ce début de siècle.

« Portugal, Hoje – O Medo de Existir » de José Gil
Relógio D’Água Editores
Lisboa (novembro 2004)