Mon fils, qui a deux ans, m’a fait récemment un très beau cadeau. Parfois, pour l’endormir, je lui chantais une chanson en portugais que j’avais apprise il y a longtemps. « Era um passarinho Queria voar E la no seu ninho Estava a pensar Tinha tanto medo Que olhando pro chão Batia ligeiro O seu coração… ». L’histoire d’un petit oiseau qui avait peur de s’envoler. Un soir, alors que je m’apprétais à le bercer, il me chanta ce couplet d’un trait et sans accent. Quelle surprise pour moi, Portugais de France, qui ne voulait pas lui imposer une deuxième langue, qui osait à peine lui dire un ou deux mots en portugais. Mais voilà, la Nature est bien faite. Très tôt, les bébés montrent des prédispositions innées et des facilités hors du commun pour l’apprentissage, y compris la perception et la mémorisation des sons de la parole. Aussi, il faut parler en portugais à ses enfants dès leur plus jeune âge. Être bilingue ce n’est pas une tare, c’est une grande richesse car la langue est la clef qui permet d’ouvrir les portes de la culture, et la culture portugaise n’a pas de prix. Oui, un jour, même les petits oiseaux finissent par s’envoler.

Passarinho

Era um passarinho, queria voar
E lá no seu ninho, estava a pensar.
Tinha tanto medo, que olhando pró chão,
Batia ligeiro, o seu coração.

E o sol gritou, tens de voar
É o teu destino, toca a saltar.
E o passarinho esvoaçou,
Caiu no chão e não chorou.

Era um passarinho, queria voar
E lá no seu ninho, estava a pensar,
Tinha tanto medo, que olhando pró chão,
Batia ligeiro, o seu coração.

Mas de repente, sem hesitar
Olhou o sol pôs-se a voar.
Estava no mundo, tinha de ser,
Perdeu o medo e foi viver.

Tó Maria Vinhas, 1981