Il y a six ans, le Portugal s’apprêtait à vivre un événement unique : disputer une finale avec son équipe nationale de football. L’Euro 2004, après un départ raté, allait se transformer en fête nationale permanente. Une joie collective qui s’est manifestée dans les stades (avant, pendant et après les matchs) et dans la rue, avec des drapeaux du Portugal omniprésents, posés sur les balcons des maisons, sur les antennes des voitures, à l’arrière des motos, et des milliers de supporters portant le maillot écarlate.

On se souvient des images de la foule accompagnant affectivement le car de l’équipe lusitanienne tout le long du parcours jusqu’au stade. L’équipe du Portugal était composée de 10 millions de personnes. Tous unis derrière la même espérance, le même rêve.

C’était beau, trop beau pour être vrai. Après un match d’anthologie contre l’Angleterre et une manifestation de force contre la Hollande, nos héros du football ont perdu en finale contre des dieux grecs taillés dans la pierre. Un match de titans entre le génie et le réalisme, entre la passion et l’organisation. Malheureusement, la dure réalité du sport et de la vie a pris le dessus sur notre rêve collectif, nous laissant seuls face à notre échec. La victoire se consomme à plusieurs et la défaite s’oublie dans la solitude.

Luis Coixao
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