C’est un village où tout le monde ou presque est parti à la recherche d’une vie meilleure. Au centre du patelin, beaucoup de maisons s’écroulent alors qu’à la périphérie ont fleuri de grandes bâtisses aux volets fermés. Beaucoup de ceux qui s’étaient promis de revenir sont revenus sur leur promesse. C’est un village habité par l’absence et peuplé d’émigrés. Dans ce petit village de montagne, on croise des gens qui, partis pour se débarrasser de la misère, ont refusé de se plier aux servitudes de l’immigration. Leur engagement dans la main-d’oeuvre étrangère a été de courte durée. Pour comprendre l’émigration ce qu’ils disent est essentiel. Leurs histoires prouvent la brutalité que les autres ont dû affronter.

Au mois d’août, pendant les fêtes du village, on rencontre des émigrés qui sont de retour, d’autres inconsolables de ne jamais être revenus. Tous, ils disent n’être nulle part à leur place et partout déplacés. Ils parlent d’une émigration qui engendre d’impossibles projets parce qu’elle porte en elle l’absence qui détruit les liens avec le lieu où ils devaient se réaliser. Pour déjouer cette double absence, ils essaient d’être dans un perpétuel voyage.

Les récits des émigrés et des rares habitants restés au village sont traversés par une question : L’émigration ne provoque-t-elle pas des ravages sans commune mesure avec les avantages économiques qu’elle apporte ?

Diffusion le 22 février 2010 à 20h35 du film documentaire « Les émigrés » de José Vieira sur FRANCE O

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