A l’époque des Grandes Découvertes portugaises, sous le règne de Manuel Ier le Grand ou Le Fortuné (1495 – 1521), Vaco da Gama découvre la route des Indes (1498), Pedro Alvares Cabral atteint le Brésil (1500), Francisco de Almeida devient le premier vice-roi des Indes, l’amiral Afonso de Albuquerque contrôle les voies commerciales de l’océan indien et du Golfe Persique, et des liaisons diplomatiques et commerciales sont établies avec la Chine et la Perse. Tout cela contribue à la construction de l’Empire colonial portugais qui fait du Portugal un des pays les plus riches et les plus puissants du monde. Manuel attire des artistes et des hommes de sciences à la cour de Lisbonne et profite de la richesse obtenue par le commerce pour construire des édifices royaux dans un  style de décoration architecturale qui lui est propre. L’Art Manuélin ainsi nommé se traduit par une abondance de motifs décoratifs marins qui rappellent ce passé glorieux : coquillages, coraux, vagues, poissons, ancres, instruments de navigation et cordages. Il a été développé notamment par l’architecte portugais João de Castilho et l’espagnol Diogo de Arruda.

Le monastère de Jeronimos à Lisbonne est un chef d’œuvre de l’architecture manuéline. Il fut construit entre 1517 et 1522, à la demande de Manuel Ier, sur le site d’une petite chapelle fondée à l’origine par Henri le Navigateur, maître de l’ordre du Christ. Le cloître, bordé de larges arcades décorées dans un style baroque finissant et renaissance, est un trésor d’architecture.
 
La Tour de Belem, de Francisco de Arruda, est quant à elle l’emblème de Lisbonne. Elle est l’un des monuments les plus connus du Portugal. Construite en 1515 en pleine mer, sur les bords du Tage, afin d’en défendre l’embouchure, elle est à présent reliée au continent par un banc de sable, suite au tremblement de terre de 1755 qui détourna le fleuve de son cours d’origine. Ce magnifique monument est le symbole de la mer et des découvertes. La Tour de Belem est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.